Nous les attendions depuis un siècle, ça y est : les JO reviennent à Paris. Cócoriko.

Nous qui sommes, au Pays Basque, bilingues, avec l’euskara et le français ou le castellano, ou même trilingues avec les trois, on ne peut s’empêcher de chanter Kocorikó (avec nos divers accents et orthographes, de Mauléon à Bilbo).  En attendant impatiemment 2024 et auparavant l’officialisation de l’euskara dans les Statuts FIPV.

Pour cette grande fête dépensière du Sport et de la rencontre fraternelle des Kultures, serons-nous invités à la table pour montrer au Monde que nous avons une âme saine dans un corps sain et savons courir, sauter et lancer – toujours plus vite, plus haut, plus fort – notre pelote sphérique ?

Car, grâce à cet esprit olympique qui nous anime depuis plus de vingt siècles, nous avons su préserver l’héritage de la « sphéristique » de nos maîtres grecs en la matière. Nos historiens nous le confirment.

Mais sommes-nous prêts à nous présenter sur ce stade où l’on peut tout faire, et par tous temps ? Comme courir en vitesse, en résistance ou au-dessus des obstacles en individuel et par équipes de relais, sauter de différents manières et lancer tous types de projectiles. Depuis les Grecs, guidés par De Coubertin, on a tout gardé. On a même rajouté des sports collectifs à 5, 6, 7 ou 11 et autres pacifiques batailles.

Surprenante expérience, le CIO programme dès 1900 une rencontre Pelote Basque par-dessus Euskal Herri entre France et Espagne. Nos Institutions pelotistiques, elles, feront plus pour nous préparer à prendre le train de l’universalité olympique et la Pelote Basque sera sport de démonstrations sur bien des théâtres. A Paris justement, en 1924, alors capitale du Monde Moderne il y aura cent ans en 2024, à Mexico capitale de l’Amérique latine en 1968, à Barcelone capitale du tout récent « retour à la démocratie » en 1992.

Aujourd’hui, bardée d’un Certificat du CIO daté du 24 mars 1960 qui précise : « ...votre Fédération a été reconnue par le CIO comme sport ne faisant pas partie du programme olympique. Il s’agit … d’une reconnaissance de prestige, en attendant que votre sport prenne un développement plus mondial » son ambition est toujours de faire partie du programme des compétitions.

L’équipe FIPV précédente nous avait pour cela préparé un stade de 36 mètres de long, transformable en 30 mètres, où pourront en découdre  les garçons à main nue et paléta cuir et gomme creuse, les filles à gomme creuse. Ce qui, pour quelques grincheux dont je suis peut-être, pouvait paraître limité par rapport à la richesse patrimoniale de nos spécialités.

L’équipe actuelle semble vouloir installer dans ce stade des aires du nouveau-né de la famille, le Frontball, pour faire aussi jouer les filles à main nue. Progrès. Mais faudra-t-il supprimer la spécialité-ancêtre du 36 mètres comme on l’a fait du trinquet dans le précédent projet, et de la place libre dans les joutes mondiales ?

Pourtant, répondant par avance aux exigences de ces projets, si nos techniciens, architectes et chercheurs, en mal d’invention ont mis au point le mur amovible à 30 mètres dans un 36m, d’autres y avaient auparavant mis au point le demi-trinquet transportable pour rapprocher les pratiques. D’autres encore ont remplacé avantageusement jusqu’à trois des murs traditionnels du trinquet par des parois de verre. D’autres enfin ont su disposer une galerie arrière escamotable pour concilier internationalistes et traditionalistes. Pourquoi d’ailleurs ne pas en prévoir une à l’avant pour faire revenir le si noble Jeu de Paume dans nos trinquets, et utiliser la face extérieure du mur de frappe pour la Place Libre ?

Il y a là de quoi attirer au projet olympique bien des Nations et Pays (Etats « reconnus » ou sans Etat) pour satisfaire aux critères d’effectifs ou d’unicité de lieu du CIO et faire partager au monde toute la richesse de nos spécialités.

Alors, Messieurs de l’Institution Internationale, il est grand temps (7 ans) de remettre les techniciens au travail pour 2024. Paris vaut bien une messe. Et notre Patrimoine Pelote Basque et Universelle s’y verra officialisé. Merci.

Pour Pilotazain : J. Saldubehere

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